BORDEAUX PARIS 2004

 

                           Après mon aventure de Paris Brest Paris en 2003, j’ai décidé de me lancer dans un autre défi BORDEAUX PARIS. Président du club cycliste de Clapiers j’ai motivé tout le club pour faire de cette épreuve l’objectif de la saison. J’ai été récompensé car nous avons réalisé une grande performance en gagnant l’épreuve par équipe et en plaçant  six participants dans les vingt premiers. Voici l’article de presse relatant notre exploit.

 

 

 

Bordeaux – Paris, l’un des marathons de légende avec Paris – Brest – Paris, du cyclisme français voire mondial, vient d’avoir lieu le 18 au 19 Juin. C’est en participant à cette épreuve mythique que treize sociétaires de ce même club l’A.C. Clapiers dans la catégorie «Cyclosportifs » ont choisi de se souhaiter une étrange, mais on ne peut plus explosive, fête des Pères.

Quelle fête, quelles émotions !

Très motivés, très affûtés, bien encadrés, nos coureurs s’élançaient le 18 juin à 14 h 06 dans le premier quart du peloton fort de plus de 800 unités à l’assaut des 622 km officiels qui s’avèreront en réalité 633 km au bout du ruban de route. Le but à atteindre pour certains était d’avaler toutes ces bornes en 20 heures et moins si possible, pour d’autres, les avaler en moins de 26 heures. Magnifique !

Au premier contrôle à Ruelle, 140 km parcourus à près de 40 km/h. La tête de course ne compte plus qu’une centaine d’unités. L’A.C. Clapiers est toujours présente aux avant-postes.

Le temps froid et orageux hélas n’arrangera pas certains. Au fil des kilomètres, la pluie glaciale éprouve les organismes, de contrôle en contrôle, six au total, le peloton de tête s’amenuise.

Au quatrième contrôle (372 km) aux alentours de minuit, quatre jaune et bleu de l’A.C. Clapiers sont encore parmi la vingtaine d’échappés. Je décide de lever le pied et de laisser filer le groupe de tête avec quatre coéquipiers Il fait très froid, la moyenne horaire se situe là à Noyers approximativement à 38 km/h. Au contrôle suivant à Salbris le groupe de tête ne compte plus qu’une quinzaine d’hommes dont toujours nos quatre de Clapiers.

A Autruy/Juine, sixième et dernier contrôle. Le jour se lève enfin, il fait toujours très froid, il est 5 h 30, des gens sont là qui attendent en spectateurs. Ils ne sont plus que neuf en tête, la moyenne est encore supérieure à 36 km/h pour plus de 540 km. Parmi eux, José ACEDO et Yannick GERMAIN sont toujours présents, il manque Jean-Claude ROSADO, hélas victime du froid exceptionnel, cause de sa chute aux environs d’Etampes où il sera hospitalisé (hypothermie) et Jean-Louis ROUQUETTE qui en est lui à son troisième Bordeaux-Paris. L’arrêt contrôle une fois de plus est très bref, c’est la panique, voilà les neufs leaders partis pour la gagne. Ce dernier secteur est très difficile avec notamment les côtes de Chauffour, de Bel Air, et juste sur le final la côte de Marcousis où tout va se jouer. Quant à moi  je roule dans un groupe composé d’une dizaine de coureurs, l’allure est soutenue mais régulière, le compteur est toujours entre 30 et 35 Km/h

Dans chaque bosse les neufs jouent l’accordéon, mais ça se regroupe à chaque fois, des attaques fusent d’un peu partout, mais nous pensons qu’ils vont finir ensemble, tout en espérant que nos deux coureurs vont partir seuls. Hélas non !

Dans la côte de Marcousis, à environ 10 km de l’arrivée, un homme du groupe, tout noir vêtu, même son vélo est noir, s’envole comme un oiseau de mauvaise augure et parvient à entraîner avec lui deux autres coureurs. Derrière eux les six s’organisent et quatre arrivent à reprendre les deux coureurs. L’homme en noir au guidon de triathlète devant file à 45 – 50km/h allongé sur sa machine. Derrière, ça ne revient pas, l’homme sombre mais radieux arrive au terme des 633 km et 3790 m de dénivelé en positif avec une minute d’avance sur les six poursuivants qui se disputent la deuxième place au sprint. J’arrive dans le deuxième groupe et me classe 12 eme.

Les arrivées se succèdent, nos gars aussi qui raflent les places d’honneur et font le podium sur la plus haute marche par équipe. Individuellement, comportement magnifique, exceptionnel des treize valeureux sociétaires de l’A.C. Clapiers qui ont rempli leur contrat en dépit des conditions météorologiques très négatives. Une ombre au tableau pourtant vient entacher cette euphorie, l’arrêt de Jean-Claude ROSADO si près du but alors qu’il était avec les hommes de tête.

Nos deux représentants au sein de l’échappée se sont fort bien comportés puisque Yannick GERMAIN se classe sixième en 17 h 39 (déduction non faite des 15 mn de neutralisation prévue par l’organisation), soit pour 633 km une moyenne horaire de 35,864 km/h. La neuvième place revient à José ACEDO dans le même temps Félicitations à tous ces valeureux coursiers. Cette expérience prouve que des garçons amoureux de la petite reine, pour certains d’un âge où les coureurs professionnels ont pris leur retraite depuis longtemps, qui travaillent tous les jours dans des labeurs pas toujours faciles, s’entraînant seuls, mais aussi entre eux le week-end, sacrifiant une grosse partie de leur vie familiale peuvent sans « drogue » réaliser des performances que les professionnels actuels redoutent. Oui, le vélo propre existe et peut être pratiqué sainement à haut niveau !

Pour la petite histoire et pour situer la valeur de la performance réalisée, il suffit de se pencher sur le classement du dernier Bordeaux-Paris couru par les « pro » en formule « open » et sans entraînement derrière derny en 1988 pour se rendre compte que le vainqueur Jean-François RAULT à mis 18 h 05mn 51s pour effectuer les 607 km de cette édition, ce qui représente une moyenne horaire de 33,535 km/h (participé aussi cette année là Gilbert DUCLOS-LASSALLE et Vincent LAVENU entre autres). Sans commentaires !

En ce qui me concerne, une page est tournée.t, je n’ai pas eu de problèmes mécaniques, ! Dorénavant, j’y reviendrai sûrement avec un autre état d’esprit, en y prenant sûrement plus de plaisir, sans pression, ni objectifs de temps et de classement, en formule « Randonneurs » moins de 36 h bref, pratiquer le cyclisme avec des copains sans se faire trop mal tout en regardant le paysage.

Je tiens à associer ma famille à cette modeste aventure : LYLI, mon amie pour sa patience et son investissement professionnel, Gérald RAZIER, sans qui je n’aurais sûrement jamais participé à cette épreuve dans cette formule. Ses précieux conseils, sa connaissance de ce genre d’épreuve et sa science de l’entraînement y sont aussi pour beaucoup dans la performance de chacun de nous tous. J’ai aussi une pensée pour mon père qui aurait aimé participer à une telle compétition Enfin, un grand merci pour tous les membres de l’A.C. Clapiers pour la bonne ambiance qui règne dans ce club et le respect tout au long de l’année du triptyque immuable depuis la création du club : convivialité, esprit d’équipe, performance sportive.

GEORGES FARJOU